Du gaulois à nos jours : un carrefour linguistique
Avant même l’arrivée des Romains, le Nivernais faisait partie de la Celtique, peuplé majoritairement par les Éduens, peuple gaulois dont la capitale était Bibracte, à la lisière du Morvan actuel. Le tissu toponymique du territoire conserve la marque de cette première grande stratification linguistique, à laquelle se sont ajoutées par la suite le latin, les langues germaniques et enfin le français.
Quelques chiffres éclairent la profondeur du phénomène. D’après les travaux de l’Institut Géographique National et du linguiste Albert Dauzat, environ 20 à 25% des toponymes ruraux français présentent une racine d’origine gauloise ou pré-latine (Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, 1963). Dans le Nivernais, la proportion est évaluée à près d’un tiers des microtoponymes référencés dans les cadastres du XIXe siècle (voir notamment Toponymie du département de la Nièvre, Pierre Pradel 1982).