“Les Settons” : un lac artificiel devenu paysage central
Un ajout tardif au nom, lourd de sens
Le suffixe “les Settons” n’apparaît officiellement qu’en 1946, rappel d’un autre élément géographique de poids. Avant cette date, on parlait juste de “Montsauche”. L’ajout s’explique par l’attraction croissante du site du lac des Settons, à la fois pour le tourisme mais surtout pour son rôle hydraulique et symbolique (d’après Histoire des communes Nivernaises, Berger-Levrault, 1988).
Un lac né de la main de l’homme au XIXe siècle
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, le lac des Settons n’est pas un lac naturel mais une vaste retenue d’eau artificielle, créée entre 1854 et 1861. Son histoire est inséparable de celle du flottage du bois :
- Surface actuelle : 366 hectares
- Capacité : environ 23 millions de m³
- Altitude : 586 mètres
Ce barrage est conçu pour réguler la Cure et faciliter la descente des radeaux de bois, indispensables à l’approvisionnement en chauffage du Paris haussmannien
(Rapport de la Société d’Histoire du Flottage, 1864, BNF).
Aujourd’hui, les Settons forment, avec Chamboux et Pannecière, l’une des grandes “mers intérieures” du Morvan. Son environnement modelé — digues, presqu’îles, plages de granit — a redessiné l’espace, jusqu’au nom même de la commune. Il s’agit d’un rare cas en Bourgogne où un aménagement contemporain modifie si durablement la perception (et le nom) d’un lieu.
Le choix des Settons : enjeux locaux et identité
En intégrant “les Settons” au nom communal, Montsauche affirme son lien privilégié avec cette pièce d’eau. Ce geste n’est pas anodin :
- Le lac des Settons attire aujourd’hui plus de 200 000 visiteurs annuels (Office de Tourisme Morvan Sommets & Grands Lacs, 2022), pesant sur l’économie locale.
- Il façonne une identité collective, centrée sur la gestion de l’eau, les activités aquatiques et la préservation naturelle (zone Natura 2000).