Bibracte : capitale gauloise, laboratoire de la romanisation
Un urbanisme celtique de pointe
Vers 120 av. J.-C., les Eduens fondent Bibracte : plus de 135 hectares entourés de remparts monumentaux sur lesquels veillaient des portails, tours de garde et poternes. Ce n’est pas un village gaulois figé, mais une véritable ville, “oppidum” dans la terminologie latine, comprenant quartiers artisanaux, lieux de culte, marchés et quartiers résidentiels.
Les fouilles dirigées depuis la fin du XIXe siècle par Joseph Déchelette, puis relancées par des équipes internationales depuis 1984, ont révélé des maisons à pans de bois, des ateliers de bronziers, des rues empierrées, et même une “maison à la cour” proche de modèles méditerranéens (Sources : Site Bibracte, INRAP). Preuve d’un dynamisme et d’une capacité d’innovation constants.
La ville au moment de la conquête : Bibracte et la guerre des Gaules
C’est ici, à Bibracte, que Jules César rédige une part essentielle de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules à l’hiver -52/-51. L’oppidum sert de quartier général, refuge des élites, mais aussi salle de négociation, lieu de rencontres diplomatiques, foyer d’intenses tractations.
L’anecdote qui revient souvent sur le terrain : c’est à Bibracte que Vercingétorix aurait reçu le commandement suprême de la coalition gauloise, avant la chute emblématique d’Alésia (Jean-Louis Brunaux, Les celtes. Histoire d’un mythe, Seuil, 2014). Ce passé guerrier et politique transpire des murs de la cité, des tessons retrouvés dans la terre, des restes calcinés d’habitations détruites lors du conflit.