D’abord, la terre : cultures céréalières et organisation des champs
La romanisation du Nivernais, entamée à la fin du Ier siècle avant notre ère, s’appuie d’abord sur une structuration des campagnes selon des modèles et techniques nouveaux. L’élément clef en est la production céréalière, socle alimentaire de toute la Méditerranée antique et pilier de l’économie locale.
- Blé (frumentum) : Les découvertes archéobotaniques à proximité de Nevers, Varzy ou Decize mettent en évidence une culture intensive du blé, base du pain et monnaie d’échange essentielle pour les échanges régionaux et avec l’armée romaine (source : Revue Archéologique du Centre de la France, 2016).
- Orge et avoine : Ces céréales, adaptées à des terres plus pauvres ou aux successions de cultures, contribuaient à la diversité agricole et servaient aussi à nourrir chevaux et bétail.
- Légumineuses (pois, fèves, lentilles) : Leur présence, attestée par des analyses de semences, traduisait une adaptation des pratiques gauloises à la diversification alimentaire encouragée par les Romains (cf. INRA Bourgogne, dossier « Agriculture antique »).
Le tracé des parcelles semble rationalisé dès l’époque augustéenne : levées de terres, fossés de drainage, et division régulière des champs, parfois selon des axes orthogonaux hérités du cadastre romain, jalonnent le paysage. Ce « maillage », partiellement lisible dans l’actuel parcellaire de certaines plaines nivernaises, témoigne d’un rapport planifié au sol, à rebours d’une image bucolique de la petite exploitation celtique.