Villae rurales et fermes gallo-romaines : archéologie des campagnes
La notion même de villae, ces grandes exploitations agricoles établies à la campagne, résume le génie agricole gallo-romain. Entre le Ier et le Ve siècle, l’économie du Morvan reste majoritairement rurale ; la villa sert de pivot économique, social et culturel.
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Détection et vestiges :
- Quelques sites identifiés autour de Corbigny, Tintury, Brassy : fondations en opus caementicium, tegulae et imbrices (tuiles plates et faîtières), mosaïques ou hypocaustes (systèmes de chauffage par le sol), signalés dès le XIXe siècle par les érudits locaux (Source : Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts).
- Les labours profonds livrent parfois fragments de céramiques sigillées, clous, monnaies de bronze ou même petits trésors, comme à Saxi-Bourdon en 1932, où fut trouvée une cachette de 120 deniers du IIIème siècle.
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Une implantation structurante :
- Le plan du cadastre ou du parcellaire encore visible de nos jours témoigne souvent de la forme régulière et orthogonale inspirée du modèle latin.
- Certains domaines furent continuellement occupés et adaptés, devenant soit châteaux médiévaux, soit “grandes fermes” modernes (exemple de la transformation de la villa de Montapas en domaine seigneurial au XIIIe).
Frédéric Delhoume, archéologue à l’Inrap, souligne que “le Morvan n’est pas le désert archéologique que l’on croit, il faut un œil exercé et curieux”. Les fouilles par prospection aérienne ou lidar (laser aéroporté) ont permis d’identifier de nouveaux tracés de villas dans des endroits inattendus, prouvant la densité du maillage rural antique (Source : "Le Paysage rural antique en Bourgogne", Gallia, vol. 43, 1985).