Habiter le Morvan gallo-romain : organisation sociale et vie quotidienne
Sous l’apparente uniformité des structures, la société rurale du Morvan gallo-romain demeure variée. Les fermes diffèrent selon la richesse, le statut légal (libres, colons, affidés d’un magnat local ou exploitants indépendants) et les liens entretenus avec la villa centrale, parfois propriété d’un notable nivernais ou même d’un Autunois.
- Certains sites témoignent d’un mode de vie sobre, tourné vers l’autoconsommation et rythmé par les activités agricoles traditionnelles : élevage, culture du blé, transformation du lin ou du chanvre, sylviculture (bois, charbon).
- D’autres, plus ouverts sur le marché régional (Autun, Augustodunum, constituait alors un foyer urbain majeur), montrent une circulation de biens : amphores, objets en bronze, tuiles d’importation, mais aussi céramiques sigillées ou monnaies.
La frugalité prédomine, mais la romanisation introduit de nouveaux arts de vivre. Le rite du bain, par exemple, même modeston, s’est glissé dans certaines villae, attesté par des petits bassins ou des fragments de tubulures (voir Fouilles de Saint-Agnan, Bulletin Archéologique du Centre de la France, 2016). À l’inverse, dans les habitats plus humbles, on perpétue des gestes ancestraux, tels que le rangement du grenier à l’aide de paniers d’osier ou la fabrication, chaque automne, de galettes à base de farine d’épeautre.