Une mémoire paysagère et humaine
Ce qui frappe en voyageant sur ces axes, c’est la résonance entre la nécessité ancienne et l’évidence actuelle. Les mêmes raisons rendent ces parcours pratiques, attractifs, et parfois même poétiques : alignement des vieilles pierres, rythme des arbres, localisation des points d’eau et passages sur les collines. Au fil des siècles, la route romaine se fait chemin de muletiers, puis ruban goudronné en attendant, peut-être, de devenir simple sentier de randonnée.
À chaque carrefour, chaque virage inattendu ou étonnante ligne droite dans la forêt, se devine la trace d'une rationalité très ancienne qui n'a rien perdu de son pouvoir d’organisation du paysage et des sociétés. Le passé ne se contente pas de survivre : il structure encore notre présent, imposant à ceux qui passent d’y inscrire, eux aussi, leur récit.