Un socle de pierre : géologie et diversité des matériaux du Nivernais
Le Nivernais, région charnière entre la Loire, le Morvan et le Berry, se distingue par une diversité géologique remarquable, et c’est là que commence l’histoire de ses églises. Le Morvan granitique au sud, les plateaux calcaires à l’ouest, les bandes de grès au centre : autant de matières premières qui, à l’époque romane et gothique, vont décider du visage du sacré.
Le granite du Morvan, d’aspect souvent gris clair, confère aux églises de la haute vallée de l’Yonne ou des alentours de Château-Chinon une robustesse inégalée. Sa dureté impose des volumes massifs, des ouvertures étroites, et une ornementation souvent sobre : il suffit de lever les yeux sur Saint-Romain de Montigny-en-Morvan pour constater comment la résistance du granite commande le style.
Dans les campagnes de Corbigny ou de Tannay, c’est le calcaire lutétien, plus tendre, qui façonne les murs. Cette pierre claire, facile à tailler, autorise des chapiteaux décorés, des arcs brisés plus fins et parfois même des jeux d’arêtes et de colonnettes qui rappellent les influences bourguignonnes. Quant au grès ferrugineux, on le retrouve dans quelques églises aux teintes chaudes, où la couleur ocre répond à la terre du pays.
L’étude du bâti médiéval ne saurait se passer de l’étude des sous-sols. À cet égard, la carte géologique du Nivernais, lisible sur le portail du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), éclaire d’un jour neuf la répartition des styles et la logique des chantiers entre le XIe et le XIVe siècle (source : BRGM Infoterre).