L’église, socle et centre du village médiéval
Au Moyen Âge, le paysage rural du Nivernais Morvan se compose d’innombrables petites paroisses, chacune polarisée autour de son église. “Le clocher n’est pas seulement l’œil de Dieu sur la plaine, c’est aussi le cœur battant du village”, écrivait l’abbé Tardieu, historien local de la Nièvre, qui voyait dans le plan de la plupart de nos villages “un cercle magnétiquement attiré par la nef”.
Ce phénomène n’a rien d’exceptionnel : à partir du Xe siècle, sous l’effet de la réforme grégorienne et de l’essor démographique, les seigneurs mais aussi les habitants cherchent à disposer d’un lieu de culte stable et proche. Le réseau paroissial se densifie : selon l’Encyclopédie du Morvan de Thierry Noyelle (Éditions La Gazette du Morvan, 2018), la seule Nièvre compte plus de trois cents églises médiévales, dont un grand nombre sont, encore aujourd’hui — quoique transformées — au centre du chef-lieu de village.
La naissance d’une paroisse s’accompagne souvent de la «fixation» du village : habitations et communs sont bâtis à proximité, marquant une hiérarchie paysagère claire. Les maisons des principaux notables et celles des paysans libres s’alignent dès le haut Moyen Âge autour de la place de l’église, à l’image de Lormes ou de Montreuillon, tandis que, en périphérie, se disposent granges et dépendances (source : Archives départementales de la Nièvre, fonds médiévaux).